Le private equity finance des entreprises non cotées, en échange d'un potentiel de rendement supérieur aux marchés cotés, sans garantie. Il suppose d'accepter un capital bloqué souvent 8 à 10 ans et un risque de perte. Un particulier y accède par des fonds, dont certains sont logés en assurance vie ou en PER, ou par le remploi du produit de cession d'une entreprise. Il n'a sa place que pour une part limitée d'un patrimoine déjà diversifié.
Longtemps réservé aux institutionnels, le capital-investissement s'est ouvert aux particuliers. Le principe : entrer au capital d'entreprises non cotées, les accompagner plusieurs années, puis revendre les participations. Voici les voies d'accès, la fiscalité et les précautions.
Quelles voies d'accès ?
- Les fonds de capital-investissement (FCPR, FPCI, fonds européens ELTIF) : un gérant sélectionne et suit les participations. Les tickets d'entrée varient selon les fonds.
- L'assurance vie et le PER : de plus en plus de contrats proposent des unités de compte investies en non coté, avec des règles de liquidité propres.
- Les club deals : un petit groupe d'investisseurs finance une opération précise. Voir notre article sur les club deals.
La fiscalité
- FCPR dits fiscaux : les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention, si les distributions sont réinvesties pendant cette période. Les prélèvements sociaux restent dus.
- FCPI et FIP : ils ouvrent droit à une réduction d'impôt sous conditions. La loi de finances pour 2026 a recentré celle des FCPI sur les fonds investis dans les jeunes entreprises innovantes : vérifiez l'éligibilité du fonds avant de souscrire.
- En assurance vie ou en PER : la fiscalité de l'enveloppe s'applique.
| Véhicule | Fiscalité |
|---|---|
| FCPR dits fiscaux | Plus-values exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ans si les distributions sont réinvesties ; prélèvements sociaux dus |
| FCPI et FIP | Réduction d'impôt sous conditions ; FCPI recentrés sur les jeunes entreprises innovantes en 2026 |
| Assurance vie ou PER | Fiscalité de l'enveloppe |
| Remploi après apport-cession (cessions depuis le 21 février 2026) | Au moins 70 % du produit en 3 ans, conservation 5 ans |
Après la cession d'une entreprise
Un dirigeant qui apporte ses titres à une holding avant de les céder bénéficie d'un report d'imposition de la plus-value. Si la holding cède les titres dans les trois ans, le report est maintenu à condition de réinvestir une partie du produit dans des activités économiques, notamment via des fonds de private equity éligibles. Pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026, la loi de finances pour 2026 a durci ce remploi : au moins 70 % du produit, dans un délai de trois ans, avec une conservation de cinq ans, et l'exclusion des activités financières et immobilières. Avant cette date, la règle était de 60 % en deux ans. C'est aujourd'hui une voie majeure d'accès au non coté : voir notre article sur l'investissement après une cession.
Quels risques accepter ?
- Perte en capital : les entreprises financées peuvent échouer. Aucun rendement n'est garanti.
- Illiquidité : le capital est bloqué, souvent 8 à 10 ans, parfois davantage.
- Frais : ils sont plus élevés que ceux des fonds cotés et pèsent sur la performance nette.
- Courbe en J : la valeur baisse souvent les premières années, le temps que les frais soient absorbés et les participations valorisées.
Le private equity se réserve donc à une fraction du patrimoine, que l'on peut immobiliser longtemps sans en avoir besoin. Il complète une allocation diversifiée, il ne la remplace pas.
Sources : articles 150-0 B ter, 163 quinquies B et 199 terdecies-0 A du Code général des impôts ; CMS, loi de finances 2026 et gestion d'actifs ; AMF, espace épargnants.
Questions fréquentes
Combien de temps l'argent est-il bloqué ?+
Souvent 8 à 10 ans pour un fonds de private equity, parfois davantage. Les unités de compte non cotées en assurance vie ont leurs propres règles de liquidité.
Le private equity est-il garanti ?+
Non. Le capital investi peut être perdu, en tout ou partie, et aucun rendement n'est garanti.
Quelle fiscalité pour un FCPR ?+
Pour un FCPR dit fiscal, les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention si les distributions sont réinvesties. Les prélèvements sociaux restent dus.
Quelle part du patrimoine y consacrer ?+
Une part limitée, que vous pouvez immobiliser longtemps sans en avoir besoin, dans un patrimoine déjà sécurisé et diversifié.