Arbitrer, c'est déplacer une partie de son patrimoine d'un placement vers un autre pour revenir à l'allocation voulue ou suivre un changement de vie. Le coût fiscal dépend de l'enveloppe : aucun impôt pour un arbitrage à l'intérieur d'une assurance vie ou d'un PEA, 31,4 % sur les plus-values d'un compte-titres, 36,2 % avant abattements sur un bien immobilier locatif, plus une surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value. Un point annuel et une règle de rééquilibrage écrite évitent les décisions prises sous le coup de l'émotion.
Un patrimoine se déforme avec le temps : les actions montent ou baissent, un bien immobilier prend de la valeur, des liquidités s'accumulent. Sans arbitrage, la répartition qui vous convenait il y a cinq ans ne correspond plus à vos objectifs. Voici une méthode, puis le coût de chaque arbitrage.
Quand arbitrer ?
- Une fois par an, à date fixe, pour comparer la répartition réelle à la répartition cible.
- À chaque changement de vie : naissance, divorce, héritage, cession d'entreprise, départ à la retraite.
- Quand l'écart devient trop grand : par exemple, quand une classe d'actifs s'éloigne de plus de 5 points de sa part cible.
Arbitrer ne veut pas dire anticiper les marchés. La règle de rééquilibrage, fixée à l'avance, fait vendre ce qui a monté et renforcer ce qui a baissé, à l'inverse du réflexe émotionnel.
Définir une allocation cible
Classez votre patrimoine par horizon et par risque : liquidités de précaution, placements sans risque (livrets à 1,7 % depuis le 1er août 2026, fonds euros à 2,6 % en moyenne en 2025), actions, immobilier direct et indirect, épargne retraite. La part de chaque bloc découle de vos projets et de votre tolérance au risque, pas du rendement récent d'un placement.
Combien coûte chaque arbitrage ?
- Assurance vie : un arbitrage entre supports du même contrat n'est pas imposé. C'est l'enveloppe la plus souple pour rééquilibrer. Seuls d'éventuels frais d'arbitrage s'appliquent.
- PEA : les ventes et achats à l'intérieur du plan ne sont pas imposés. L'impôt n'intervient qu'au retrait.
- Compte-titres : chaque plus-value supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis la hausse des prélèvements sociaux. Les moins-values s'imputent sur les plus-values de même nature pendant dix ans.
- Immobilier locatif : la plus-value supporte 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, plus une surtaxe de 2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value, avant abattements pour durée de détention, avec exonération totale après 22 ans pour l'impôt et 30 ans pour les prélèvements. La résidence principale est exonérée.
- SCPI : la revente peut prendre du temps et les frais d'entrée, qui peuvent atteindre 12 %, sont perdus en cas de sortie rapide.
| Enveloppe | Fiscalité de l'arbitrage |
|---|---|
| Assurance vie (entre supports du contrat) | Aucun impôt ; frais d'arbitrage éventuels |
| PEA | Aucun impôt à l'intérieur du plan |
| Compte-titres | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur la plus-value |
| Immobilier locatif | 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, surtaxe de 2 % à 6 % au-delà de 50 000 € de plus-value, avant abattements |
| SCPI | Frais d'entrée jusqu'à 12 % perdus en cas de sortie rapide |
Trois leviers pour réduire la facture
- Arbitrer dans les enveloppes plutôt qu'entre elles : l'assurance vie et le PEA permettent de rééquilibrer sans impôt.
- Orienter les nouveaux versements vers les classes d'actifs sous-pondérées, au lieu de vendre.
- Étaler les ventes sur plusieurs années pour lisser l'impôt, et utiliser les moins-values disponibles.
Pour réinvestir une somme importante, un investissement progressif sur plusieurs mois limite le risque d'entrer au mauvais moment.
Sources : service-public.fr, PEA ; articles 150-0 A, 150 U et 150 VC du Code général des impôts ; service-public.fr, Livret A.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les placements évoqués comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Questions fréquentes
Un arbitrage en assurance vie est-il imposé ?+
Non. Un arbitrage entre supports d'un même contrat n'est pas imposé. L'impôt n'intervient qu'en cas de rachat.
À quelle fréquence rééquilibrer son patrimoine ?+
Une fois par an à date fixe, et à chaque changement de vie important. Entre deux, une règle d'écart maximal par classe d'actifs déclenche le rééquilibrage.
Combien coûte la vente d'actions sur un compte-titres ?+
La plus-value supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option pour le barème. Les moins-values s'imputent pendant dix ans.
Comment rééquilibrer sans payer d'impôt ?+
En arbitrant à l'intérieur de l'assurance vie ou du PEA, et en orientant les nouveaux versements vers les placements sous-pondérés.