Avant de placer une indemnité de licenciement, calculez ce qu'il en restera après impôt et combien de temps elle devra vous faire vivre. La part supra-légale décale le début de l'indemnisation chômage, jusqu'à 150 jours (75 en cas de licenciement économique). L'indemnité est exonérée d'impôt dans certaines limites, plafonnées à 288 360 € en 2026, et la part imposable peut bénéficier du système du quotient. Constituez d'abord une réserve pour la période de transition, puis placez le reste selon votre horizon.
Une indemnité de licenciement arrive à un moment de rupture. La tentation est de l'investir vite, ou au contraire de la laisser dormir sur un compte courant. Les deux sont des erreurs. L'ordre des décisions compte plus que le choix du placement.
Étape 1 : qu'est-ce qui est imposable ?
Hors plan de sauvegarde de l'emploi, l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé de ces trois montants :
| Étape | Ce qu'il faut faire | Repère 2026 |
|---|---|---|
| 1. Mesurer l'impôt | Identifier la part exonérée et la part imposable | Exonération plafonnée à 288 360 € pour deux des trois critères |
| 2. Anticiper le différé | Calculer le décalage de l'allocation chômage | Part supra-légale divisée par 111,8, 150 jours au plus (75 en licenciement économique) |
| 3. Constituer la réserve | Couvrir les charges jusqu'au retour à l'emploi | Livret A et LDDS à 1,7 %, puis fonds euros |
| 4. Placer le reste | Choisir selon l'horizon | Assurance vie (abattement de 4 600 € ou 9 200 € après 8 ans), PER déductible selon la tranche |
- l'indemnité légale ou conventionnelle ;
- deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente ;
- la moitié de l'indemnité perçue.
Les deux derniers critères sont plafonnés à six fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 288 360 € en 2026. L'indemnité légale ou conventionnelle reste exonérée en totalité. Les indemnités versées dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, ou allouées par le juge pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, sont exonérées en totalité.
La part imposable peut être déclarée selon le système du quotient, qui atténue la progressivité de l'impôt sur un revenu exceptionnel. C'est souvent avantageux, et c'est à vérifier au moment de la déclaration.
Étape 2 : quel différé chez France Travail ?
La part de l'indemnité qui dépasse le minimum légal (dite supra-légale) décale le début de l'allocation chômage. Ce différé spécifique se calcule en divisant cette part par 111,8 en 2026, dans la limite de 150 jours, ou 75 jours en cas de licenciement économique. S'y ajoutent le différé lié à l'indemnité de congés payés et un délai d'attente de 7 jours.
Autrement dit, une partie de l'indemnité devra peut-être financer vos dépenses courantes pendant plusieurs mois. C'est le premier montant à mettre de côté.
Étape 3 : construire la réserve de transition
Additionnez vos charges mensuelles sur la durée probable de recherche d'emploi, différé compris, et ajoutez une marge. Cette somme va sur des supports disponibles sans risque : Livret A et LDDS (1,7 % depuis le 1er août 2026), puis fonds euros d'assurance vie pour le surplus. Si votre projet est de créer une entreprise, prévoyez aussi l'apport nécessaire.
Étape 4 : placer le reste selon votre horizon
- Assurance vie : l'enveloppe la plus souple. Fonds euros pour la partie prudente, unités de compte diversifiées pour le long terme, avec un risque de perte en capital. Après huit ans, les gains bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple).
- PER : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond disponible. L'intérêt dépend de votre tranche d'imposition l'année du versement. Une année de licenciement, avec une part imposable élevée, peut s'y prêter. Une année de chômage à faibles revenus, beaucoup moins. Les sommes sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé, dont l'expiration des droits au chômage.
- Remboursement anticipé de crédit : une option sûre quand le taux du prêt est élevé, à comparer avec les indemnités de remboursement anticipé et le besoin de liquidités.
Ce qui est déconseillé : immobiliser tout le capital dans l'immobilier ou des placements illiquides tant que votre situation professionnelle n'est pas stabilisée.
Sources : impots.gouv.fr, indemnités de licenciement ; article 80 duodecies du Code général des impôts ; Unédic, différé d'indemnisation spécifique ; arrêté du 1er août 2026 fixant le taux du Livret A.
Questions fréquentes
L'indemnité de licenciement est-elle imposable ?+
Elle est exonérée à hauteur du plus élevé de ces montants : indemnité légale ou conventionnelle, deux fois le salaire brut annuel de l'année précédente, moitié de l'indemnité. Les deux derniers sont plafonnés à 288 360 € en 2026. Au-delà, la part imposable peut être déclarée avec le système du quotient.
L'indemnité retarde-t-elle le chômage ?+
Oui, pour sa part supra-légale : le différé spécifique peut atteindre 150 jours, ou 75 jours en cas de licenciement économique. S'y ajoutent le différé lié aux congés payés et un délai d'attente de 7 jours.
Faut-il verser son indemnité sur un PER ?+
Seulement si votre tranche d'imposition le justifie l'année du versement et si vous n'avez pas besoin de cette somme avant la retraite. La déduction est limitée au plafond disponible, qui intègre les plafonds non utilisés des trois années précédentes.
Combien garder disponible ?+
De quoi couvrir vos charges pendant la période de recherche d'emploi, différé d'indemnisation compris, avec une marge. Prenez rendez-vous pour chiffrer votre situation.