Un sous-officier de gendarmerie peut partir avec une pension à jouissance immédiate après 17 ans de services, un officier après 27 ans. La pension se calcule sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois, sans la plupart des primes, à 75 % au plus. Logé en caserne par nécessité absolue de service, le gendarme a sa résidence principale dans son logement de fonction : le logement qu'il achète est une résidence secondaire, sans exonération de plus-value ni abattement IFI. Préparer la retraite, c'est donc compléter la pension et organiser l'achat de sa future résidence.
La carrière d'un gendarme a deux particularités patrimoniales : une retraite qui peut arriver tôt mais qui ignore la plupart des primes, et un logement en caserne qui change la fiscalité de tout bien acheté avant la retraite. Voici les règles de 2026 et les leviers utiles.
La pension militaire
- Départ : pension à jouissance immédiate après 17 ans de services pour un sous-officier, 27 ans pour un officier (Service des retraites de l'État). La limite d'âge est de 58 ans pour les sous-officiers, de gendarme à adjudant-chef, et de 59 ans pour les majors.
- Calcul : traitement indiciaire brut détenu depuis 6 mois au moins, multiplié par la durée de services rapportée à la durée requise, dans la limite de 75 %. Les bonifications peuvent améliorer le résultat, dont celle du cinquième du temps de service, accordée après au moins 17 ans de services effectifs et limitée à 5 ans.
- Primes : elles n'entrent pas dans la pension, à une exception près. L'indemnité de sujétions spéciales de police ouvre droit à une majoration de pension, sous condition d'âge. Les autres primes cotisent à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), dans la limite de 20 % du traitement indiciaire.
- Réforme de 2023 : le relèvement des âges d'ouverture des droits qu'elle prévoyait est suspendu, à titre provisoire, pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026. Les durées de 17 et 27 ans ne changent pas.
| Repère | Règle |
|---|---|
| Pension à jouissance immédiate | Après 17 ans de services (sous-officier) ou 27 ans (officier) |
| Limite d'âge | 58 ans de gendarme à adjudant-chef, 59 ans pour les majors |
| Calcul | Traitement indiciaire des 6 derniers mois, au prorata de la durée de services, 75 % au plus |
| Primes | Hors pension, sauf l'indemnité de sujétions spéciales de police ; RAFP dans la limite de 20 % du traitement |
| Bonification du cinquième | Après 17 ans de services effectifs, limitée à 5 ans |
Pour un sous-officier dont les primes représentent une part importante de la rémunération, la baisse de revenu au départ peut être forte. Votre relevé de situation sur le site du Service des retraites de l'État permet de la chiffrer.
Pourquoi le logement de fonction change-t-il tout ?
Pour l'administration fiscale, le logement de fonction est en principe la résidence principale de celui qui l'occupe. Le logement que vous achetez pendant votre carrière est donc une résidence secondaire. Conséquences :
- À la revente, la plus-value n'est pas exonérée au titre de la résidence principale. L'exonération prévue pour la première vente d'un logement autre que la résidence principale existe, mais la jurisprudence la refuse en principe aux agents logés par nécessité de service : à faire vérifier au cas par cas.
- La taxe d'habitation des résidences secondaires s'applique.
- À l'IFI, l'abattement de 30 % réservé à la résidence principale ne s'applique pas.
Préparer sa future résidence
Beaucoup de gendarmes achètent tôt le logement où ils passeront leur retraite. En attendant, ce logement peut être loué : en location nue, avec les revenus fonciers et le déficit foncier si des travaux sont prévus ; en location meublée (LMNP), avec l'amortissement qui réduit l'impôt sur les loyers. Le jour du départ, vous reprenez le logement pour l'occuper. Le choix du régime dépend du montant des loyers, des travaux et de la date de départ.
Comment compléter la pension ?
- Le PER : les versements se déduisent du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels, avec un minimum de 4 710 € en 2026. L'économie d'impôt dépend de votre tranche. Voir notre article pour défiscaliser 3 000 € avec le PER.
- L'assurance vie : pour l'épargne disponible, la transmission, et les revenus complémentaires après le départ.
- L'immobilier locatif : directement, ou en SCPI pour ne pas gérer à distance lors des mutations. Le dispositif Jeanbrun est à étudier pour un logement neuf loué nu, distinct de la future résidence : il impose de louer plusieurs années à un loyer plafonné.
Les réductions d'impôt entrent dans le plafonnement global des niches fiscales : 10 000 € par an en général, 18 000 € pour les investissements outre-mer et les Sofica.
Cet article est une information générale. Il ne constitue pas un conseil personnalisé : toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : Service des retraites de l'État, ouverture des droits des militaires ; SRE, calcul de la pension militaire ; BOFiP, plus-values de la résidence principale ; service-public.gouv.fr, PER ; service-public.gouv.fr, IFI.
Questions fréquentes
Après combien d'années un gendarme peut-il partir à la retraite ?+
Après 17 ans de services pour un sous-officier et 27 ans pour un officier, avec une pension à jouissance immédiate. Le montant dépend de la durée de services effectuée.
Les primes des gendarmes comptent-elles pour la retraite ?+
En grande partie non. L'indemnité de sujétions spéciales de police ouvre droit à une majoration de pension ; les autres primes cotisent à la retraite additionnelle de la fonction publique, dans une limite de 20 % du traitement.
Le logement acheté par un gendarme logé en caserne est-il une résidence principale ?+
Non, en principe : le logement de fonction est considéré comme sa résidence principale. Le logement acheté est une résidence secondaire, sans exonération de plus-value à ce titre.
Le PER est-il intéressant pour un gendarme ?+
Oui si vous êtes imposé dans une tranche suffisante : les versements se déduisent du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels ou, si c'est plus favorable, de 4 710 € en 2026.