Pour un particulier, la cession de crypto-actifs contre des euros ou l'achat d'un bien avec des crypto-actifs est imposée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis les plus-values de 2025), sauf option pour le barème progressif. Les échanges entre crypto-actifs ne sont pas imposés, les cessions annuelles de moins de 305 € sont exonérées et les moins-values ne s'imputent que dans l'année. Chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère se déclare sur le formulaire 3916-bis, sous peine de 750 € d'amende par compte. Les plateformes européennes transmettront les données de 2026 à l'administration en 2027 (directive DAC8).
Le régime fiscal du bitcoin et des autres crypto-actifs, fixé par l'article 150 VH bis du Code général des impôts depuis 2019, est désormais stable. Ce qui change en 2026, c'est le taux, relevé par la hausse des prélèvements sociaux, et le contrôle, avec l'arrivée de l'échange automatique de données entre plateformes et administrations. Voici les règles pour un investisseur particulier, et la frontière avec l'activité professionnelle.
Quelles opérations sont imposables ?
- Imposable : la vente de crypto-actifs contre des euros ou toute monnaie ayant cours légal, et le paiement d'un bien ou d'un service en crypto-actifs, soulte comprise.
- Non imposable : l'échange d'un crypto-actif contre un autre sans soulte, y compris contre un stablecoin adossé au dollar ou à l'euro. L'opération est en sursis d'imposition : la plus-value sera calculée lors de la cession finale en monnaie.
- Exonéré : l'année où le total des prix de cession ne dépasse pas 305 €.
Comment se calcule la plus-value ?
Le calcul ne se fait pas opération par opération mais sur l'ensemble du portefeuille. Pour chaque cession, la plus-value est égale au prix de cession diminué d'une fraction du prix total d'acquisition de l'ensemble du portefeuille ; cette fraction est égale au rapport entre le prix de cession et la valeur globale du portefeuille au jour de la vente. Le formulaire 2086 conduit ce calcul ligne par ligne, d'où l'importance de conserver l'historique des achats avec dates et prix.
Les moins-values d'une année ne s'imputent que sur les plus-values de même nature de la même année, sans report. Un investisseur qui réalise une moins-value nette en décembre ne la récupérera jamais : vendre une ligne perdante peut avoir un sens fiscal seulement si des plus-values ont été dégagées la même année.
Quel taux : prélèvement forfaitaire ou barème ?
Le taux de droit commun est le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après le relèvement de la CSG décidé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, applicable aux plus-values réalisées dès 2025. L'option pour le barème progressif, propre aux actifs numériques et distincte de celle qui concerne les autres revenus du capital, s'exerce sur la déclaration de revenus (case 3CN).
| Tranche marginale | Prélèvement forfaitaire | Option pour le barème (impôt + 18,6 %) | Choix favorable |
|---|---|---|---|
| 0 % | 31,4 % | 18,6 % | Barème |
| 11 % | 31,4 % | 29,6 % | Barème |
| 30 % | 31,4 % | 48,6 % | Prélèvement forfaitaire |
| 41 % et 45 % | 31,4 % | 59,6 % et 63,6 % | Prélèvement forfaitaire |
Occasionnel ou professionnel : où est la frontière ?
Depuis l'imposition des revenus de 2023, l'activité d'achat-revente de crypto-actifs n'est professionnelle que si elle est exercée dans des conditions analogues à celles d'un professionnel : outils de trading sophistiqués, volume et fréquence des opérations, effet de levier, part des revenus. La seule importance des gains ne suffit plus. Les gains du professionnel relèvent alors des bénéfices non commerciaux (BNC), imposés au barème et soumis aux cotisations sociales des travailleurs indépendants, et non du prélèvement forfaitaire.
Les revenus du minage sont des BNC dès le premier euro. Pour le staking et les autres rémunérations en crypto-actifs, l'administration retient le plus souvent une imposition en BNC lors de l'attribution des jetons, puis le régime des plus-values lors de leur cession.
Quelles déclarations chaque année ?
- Formulaire 2086 : le détail de chaque cession imposable de l'année, dont le total se reporte sur la déclaration 2042 C.
- Formulaire 3916-bis : chaque compte d'actifs numériques ouvert, détenu, utilisé ou clos dans l'année auprès d'une plateforme établie hors de France, même sans aucune opération. L'oubli coûte 750 € par compte, 1 500 € si sa valeur dépasse 50 000 €.
- Portefeuilles personnels : un portefeuille autohébergé n'est pas un compte à déclarer, mais les cessions qui en partent le sont.
DAC8 : ce que l'administration saura en 2027
La directive européenne DAC8, applicable depuis le 1er janvier 2026, impose aux prestataires de services sur crypto-actifs établis dans l'Union de collecter l'identité de leurs utilisateurs et de déclarer leurs opérations à leur administration fiscale, qui les échange avec celle du pays de résidence. Les données de l'année 2026 seront transmises en 2027. L'administration pourra alors recouper les déclarations 2086 et 3916-bis avec les relevés des plateformes. Un investisseur qui a omis des comptes ou des plus-values a intérêt à régulariser avant d'être contacté, les majorations étant plus lourdes après un contrôle.
Quelle place dans un patrimoine ?
Les crypto-actifs restent très volatils et peuvent perdre l'essentiel de leur valeur. Ils n'ont de sens que pour une fraction limitée d'un patrimoine déjà construit : réserve de précaution en place, assurance vie et placements diversifiés. Avant d'ouvrir un compte, vérifiez que la plateforme figure sur la liste des prestataires enregistrés ou agréés tenue par l'AMF. Les règles de base sont rappelées dans notre article sur la fiscalité des cryptomonnaies, et la page optimisation fiscale situe ces actifs parmi les autres enveloppes.
Cet article est une information générale : il ne constitue pas un conseil personnalisé. Tout placement autre que les livrets réglementés comporte un risque de perte en capital ; la garantie du fonds euros est celle de l'assureur, dans les conditions du contrat, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Toute décision suppose l'examen préalable de votre situation.
Sources : impots.gouv.fr, déclarer les plus ou moins-values sur actifs numériques ; AMF, espace épargnants ; articles 150 VH bis, 200 C et 1736 X du Code général des impôts (Légifrance) ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; directive (UE) 2023/2226 du 17 octobre 2023 (DAC8).
Questions fréquentes
Quel est le taux d'imposition des plus-values en crypto-actifs en 2026 ?+
Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, pour un particulier. L'option pour le barème progressif reste possible, avec les mêmes 18,6 % de prélèvements sociaux.
Échanger du bitcoin contre une autre cryptomonnaie est-il imposable ?+
Non. Les échanges entre crypto-actifs sans soulte, y compris contre un stablecoin, bénéficient d'un sursis d'imposition. Seules la conversion en euros ou en devise et l'utilisation pour payer un bien ou un service sont imposables.
Faut-il déclarer un compte ouvert sur une plateforme étrangère ?+
Oui, chaque année, sur le formulaire 3916-bis, même sans opération. L'omission est punie d'une amende de 750 € par compte non déclaré, portée à 1 500 € lorsque la valeur du compte dépasse 50 000 €.
Une moins-value en crypto-actifs est-elle reportable ?+
Non. Elle ne s'impute que sur les plus-values de même nature réalisées la même année. Une moins-value nette en fin d'année est perdue.